Notre seule Guerre: La Guerre de Classe!
2001-10-01
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Lâattaque sur le World Trade Center fut aussi une attaque contre les travailleurs et les travailleuses qui en constituĂšrent la majoritĂ© des victimes. La mort dâun grand nombre dâentre elles ne sera mĂȘme pas comptabilisĂ©e puisquâelles faisaient partie de cette immigration illĂ©gale quotidiennement stigmatisĂ©e par lâĂtat et par la presse capitaliste. Plusieurs provenaient apparemment du Mexique. Lâaccord entre les PrĂ©sidents Bush et Fox (du Mexique) visant Ă rĂ©gulariser la situation de ces travailleurs et travailleuses fut aussi une des premiĂšres victimes des Ă©vĂ©nements du 11 septembre. Mais le 11 septembre ne fut pas seulement une attaque contre ces travailleurs et travailleuses. Ce fut une attaque contre lâensemble de la classe ouvriĂšre. Les terroristes qui menĂšrent cette attaque nâont pas seulement utilisĂ© des mĂ©thodes complĂštement Ă©trangĂšres Ă la vision communiste dâun mouvement de classe. Ils Ă©taient des reprĂ©sentants clairs de la bourgeoisie du Moyen Orient pour qui toutes les attaques contre les Ătats-Unis font partie de la lutte pour le contrĂŽle de la planĂšte. Ces rejetons privilĂ©giĂ©s de la petite et pas si petite bourgeoisie de cette rĂ©gion furent poussĂ©s Ă commettre leur geste inhumain parce quâils font partie dâune lutte dĂ©sespĂ©rĂ©e contre un ennemi tout-puissant. Mais la disparitĂ© des forces entre ces gens et leurs ennemis des USA ne doit pas nous aveugler au fait que nous nâavons pas affaire ici Ă des anti-impĂ©rialistes, comme voudraient nous le faire croire certaines forces de la Gauche capitaliste. Ils sont tout simplement partisans dâun ordre impĂ©rialiste diffĂ©rent. Et, que les allĂ©gations Ă lâencontre dâOussama ben Laden sâavĂšrent vraies ou fausses ; la vĂ©ritĂ© est que lui, tout comme la direction des Taliban de lâAfghanistan doivent leur pouvoir au fait quâils furent jadis des agents des USA dans la lutte de la Guerre Froide contre lâURSS.
Maintenant, les attaques terroristes sur le World Trade Center ont laissez les coudĂ©es franches aux USA pour quâils puissent accentuer leur domination impĂ©rialiste. Oubliez lâhypocrisie prĂ©tendant dĂ©fendre la dĂ©mocratie. Ceci est un combat aux motivations impĂ©rialistes complexes, pour lâaccĂšs au pĂ©trole, pour des avancĂ©es stratĂ©giques et pour discipliner les Ătats, grands et petits, qui ont tentĂ© de jouer leur propre jeu contre les USA. Au XIXĂšme siĂšcle, le “Grand Jeu” sâest dĂ©roulĂ© en Asie Centrale entre la Russie et la Grande-Bretagne. Aujourdâhui, la lutte et les enjeux ne sont pas trĂšs diffĂ©rents.
Du cĂŽtĂ© de “lâOccident”, lâhypocrisie des gouvernements est sans limite. Se servant des craintes dâune grande partie de leurs populations, ils perfectionnent prĂ©sentement leur arsenal de contrĂŽle totalitaire. Toutes personnes qui sây opposent sont maintenant considĂ©rĂ©es pour les terroristes. Une façon commode de faire taire lâopposition. Mais ils nâauraient jamais pu opĂ©rer dâune maniĂšre aussi arrogante si la classe ouvriĂšre nâĂ©tait pas en retraite depuis la derniĂšre quinzaine dâannĂ©es. Face Ă la crise du capitalisme, aux restructurations, au chĂŽmage et Ă la prĂ©caritĂ©, la bourgeoisie a tentĂ© de nous convaincre quâavec quelques sacrifices supplĂ©mentaires la prospĂ©ritĂ© de la minoritĂ© amĂšnerait le confort Ă la majoritĂ©. Les communistes ont dĂ©montrĂ© que cette proposition Ă©tait erronĂ©e. La disparitĂ© grossiĂšre croissante de la richesse provient prĂ©cisĂ©ment du fait que les prolĂ©taires ont Ă©tĂ© encore davantage exploitĂ©s durant cette pĂ©riode. En fait, ce fut lâabsence dâun mouvement de classe significatif contre lâoffensive capitaliste contre les salaires et les conditions de travail qui pavĂšrent la voie aux prĂ©somptions arrogantes des Blair et des Bush quâils pouvaient se permettre tout ce quâils dĂ©siraient pour restaurer “les valeurs civilisĂ©es” Ă lâordre mondial.
Et ceci nous amĂšne Ă la vĂ©ritable question. Comment allons combattre les projets de guerre de la classe dirigeante ? Des membres de la CWO et du BIPR ont participĂ© Ă des assemblĂ©es et des manifestations pour discuter avec bon nombre de gens qui voient la nĂ©cessitĂ© de mettre fin Ă ces projets de guerre. Mais, ce que nous y avons entendu Ă©taient des solutions si lamentables que cela constituait de lâassistance matĂ©rielle Ă notre ennemi de classe. Une assemblĂ©e de la Socialist Alliance [1] Ă laquelle nous assistions fut typique. La seule fois que quâon mentionna le socialisme fut Ă lâoccasion de lâintervention dâun de nos camarades. Nous nous vĂźmes plutĂŽt imposer un front uni de doucereuses sirĂšnes dâun pacifisme le plus plat. Non seulement il y avait de quoi en vomir, mais cela a aussi amenĂ© de lâeau au moulin de la classe dominante. Les solutions des diverses personnes prenant la parole Ă ces rencontres allaient de la priĂšre, la tenue de vigiles Ă la chandelle, lâenvoie de courriers Ă©lectroniques Ă Georges Bush ou Ă Tony Blair ou encore dâencore dâĂ©crire Ă son dĂ©putĂ©. Nous y avons aussi rencontrĂ© les activistes “quasi-anarchistes” de circonstances qui sont disposĂ©s Ă rĂ©aliser de vĂ©ritables actions enâŠfaisant des graffitis. Une personne qui Ă©tait probablement au sommeil depuis cinquante ans, se rĂ©veilla pour nous dire quâil fallait tous se joindre Ă lâAssociation des Nations Unies ! Personne ne semblait sâĂȘtre rendu compte que lâONU nâagit que lorsquâelle a la permission des USA.
Le fait que dans une rencontre de “socialistes” le socialisme ne fut mĂȘme pas mentionnĂ© est significatif de lâĂ©tendue du recul de la classe ouvriĂšre. Câest la tĂąche des rĂ©volutionnaires de rĂ©affirmer la perspective de classe. La guerre est essentielle Ă lâaccumulation capitaliste des profits. Mais câest nous qui fabriquons les bombes et les balles qui sont utilisĂ©es partout contre nos frĂšres et nos sĆurs de classe. Câest nous qui fabriquons les satellites qui espionnent lâhumanitĂ©. Et ce sera la classe ouvriĂšre de partout qui en paiera le prix. DĂ©jĂ , lâattaque du World Trade Center est devenue lâalibi pour des millions de renvois Ă travers le monde (juste aux USA, 200 000 personnes ont perdu leurs emplois depuis le 11 septembre). Le fait que ces renvois Ă©taient dĂ©jĂ planifiĂ©s Ă mesure que la crise du capitalisme faisait une autre embardĂ©e Ă la baisse fut discrĂštement obscurcit. La classe ouvriĂšre paiera le prix. La classe ouvriĂšre se devra de riposter.
Lâargumentation pacifiste semble ĂȘtre que le monde nâĂ©tait pas un si mauvais endroit avant le 11 septembre. Si seulement nous pouvions convaincre les fous et les folles qui le gouvernent de retourner Ă lâasile, nous pourrions revenir Ă la”normale”. Mais la “normalitĂ©” est un monde capitaliste dans lequel 19 millions dâenfant sont morts lâannĂ©e passĂ©e parce quâon manque dâeau potable. La normalitĂ© est une situation de guerre permanente avec au moins une vingtaine de conflits autour de la planĂšte. La normalitĂ© est une situation oĂč des escouades de la mort assassinent des milliers dâindividus qui se battent pour la “justice sociale” ou des conditions de vie dĂ©centes dans le prĂ©tendu “Tiers-Monde”. La barbarie est dĂ©jĂ Ă notre porte. Si la “civilisation” doit ĂȘtre sauvĂ©e, elle doit lâĂȘtre de la classe capitaliste et la seule façon dây parvenir est lâaction massive de la classe ouvriĂšre. Les prolĂ©taires doivent unir leurs luttes pour se dĂ©fendre des pires effets de la crise. La “solidaritĂ©” est maintenant trĂšs en vogue chez les leaders capitalistes mais jamais la classe ouvriĂšre en a autant eu besoin. Le monde ne sera plus pareil. Nous avons fait un pas dĂ©cisif depuis septembre. Câest la barbarie ou⊠le socialisme. Ceux et celles qui se prĂ©tendent socialistes doivent nous rejoindre en prenant les devants contre le futur que le capitalisme nous a prĂ©parĂ©. Et cela veut dire une longue lutte pour dĂ©velopper Ă lâintĂ©rieur de la classe ouvriĂšre la vraie nature de notre opposition de classe au capitalisme. Seulement lorsque le systĂšme capitaliste sera dĂ©truit pourrons-nous vraiment dĂ©barrasser la planĂšte des pollueurs pour le profit, des marchands de la mort et du flĂ©au de la famine au sein de lâabondance et de les toutes formes dâesclavages.
Ca signifie aussi de trouver une voie autonome pour lâaction ouvriĂšre. Ca veut dire la confrontation des appareils syndicaux qui agissent pour lâĂtat capitaliste en tentant dâisoler toutes les grĂšves Ă un secteur ou un petit groupe de prolos. Ca veut dire la mise en place de nos propres assemblĂ©es et comitĂ©s de grĂšve. Ca veut dire lâextension universelle de lâaction contre appareil Ă©conomique du capitalisme. Une fois que nous aurons paralysĂ© lâappareil Ă©conomique, la bourgeoisie ne pourra plus agir contre nous. Notre message contre la guerre est le suivant:
Contre les frappes militaires, nous frappons par la grĂšve!
Notre seule guerre, la guerre de classe!
A.DNotre seule guerre, la guerre de classe!
[1] Une coalition Ă©lectorale de “gauche”, principalement animĂ©e par diverses organisations trotskistes.
Bilan & Perspectives - 8
2008-05-01 - Mai 2008 {{/files/images/2008-05-01-premier-mai.jpg}}
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