Face Ă l'offensive du capital
2003-05-22
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Pour la reprise de la lutte par les travailleurs!
Cela fait maintenant plusieurs mois que se succĂšdent licenciements et plans sociaux, que l’Ătat annonce des suppressions de postes et autres restrictions budgĂ©taires. La retraite de tous les salariĂ©s, fonctionnaires tout d’abord, du privĂ© et des rĂ©gimes spĂ©ciaux ensuite est menacĂ©e. Viendra ensuite le tour de la SĂ©curitĂ© Sociale. Face Ă l’aggravation de la crise du capital, Ă l’exacerbation de la concurrence inter-impĂ©rialiste, nos diffĂ©rents patrons, aussi bien du secteur privĂ© — en France, en Europe ou ailleurs dans le monde — que du secteur public et assimilĂ© se sont donc lancĂ©s dans une attaque frontale. L’offensive a Ă©tĂ© prĂ©cĂ©dĂ©e par l’action du gouvernement (mis en place avec le soutien de toute la classe politique face au pseudo danger fasciste) dans une soi-disant lutte contre l’insĂ©curitĂ© qui consiste essentiellement Ă renforcer le contrĂŽle sur la population (cameras, flicage des communications et des autres types d’Ă©changes, chasse aux rassemblements non contrĂŽlĂ©s, etc.âŠ) et met en avant une politique de division systĂ©matique des travailleurs entre français et Ă©trangers et entre français de diffĂ©rentes origines, ainsi qu’entre les diffĂ©rents statuts auxquels sont soumis les travailleurs.
Retraites
La remise en cause du systĂšme de retraites est la grande affaire en cours. Le but du gouvernement comme du patronat, qui marchent main dans la main, est tout Ă la fois de rĂ©duire le niveau des pensions et d’allonger la durĂ©e du travail. AprĂšs les travailleurs du privĂ©, ils s’en prennent donc au systĂšme de retraite des agents de l’Ătat (passage Ă 40 annuitĂ©s, le systĂšme de dĂ©cote, mais aussi suppression de certaines annuitĂ©s etc.). Dans un deuxiĂšme temps, on aggravera encore les conditions pour tous (passage prĂ©vu Ă 41 puis 42 ans). Ceci pour se retourner au moment qu’ils jugeront opportun contre ceux qui ont un rĂ©gime spĂ©cial (la SNCF ou d’autres). Au bout du compte c’est bien l’ensemble des prolĂ©taires qui verront leurs retraites diminuĂ©es. Et nous verrons de plus en plus, comme c’est dĂ©jĂ le cas actuellement, des personnes de plus de 65 ans travailler pour des petits boulots, mal payĂ©s, complĂštement flexibles, pour complĂ©ter leur maigre retraite.
Ăducation Nationale
Loin de toute Ă©chĂ©ance Ă©lectorale, le gouvernement s’attaque Ă l’Ăducation Nationale. Dans un premier temps, c’est une politique division des travailleurs qui est poursuivie. Suppression de postes de non-enseignants ou “dĂ©centralisation”, il sâattaque aux plus faibles et il vise ainsi, en multipliant les statuts, Ă casser les solidaritĂ©s qui difficilement pourraient se mettre en place. DĂ©graisser le mammouth disaient les “socialistes” âŠCar cette rĂ©forme nâest que le dĂ©but de la grande attaque qui visera le systĂšme Ă©ducatif, qui coĂ»te cher Ă lâĂtat. Câest le genre de politique qui a Ă©tĂ© menĂ© dans dâautres services dâĂtat, comme La Poste ou France TĂ©lĂ©com. Ătape par Ă©tape, un gouvernement “de gauche” continuant ce qu’avait commencĂ© le prĂ©cĂ©dent “de droite” et ainsi de suite. Ce seront ensuite les travailleurs du secteur (quâils auront divisĂ©s entre fonctionnaires de divers statuts, contractuels, prestataires de service et prĂ©caires) qui en feront les frais. Un bon exemple aussi pour les travailleurs de GdF, EdF ou de la SNCF.
Reprendre l’offensive
De nombreux travailleurs sâĂ©tonnent de lâattitude des syndicats. Nous ne parlons pas ici des ConfĂ©dĂ©rations qui ont signĂ© un accord qui les met ouvertement du cĂŽtĂ© de lâĂtat et des patrons. Mais des ConfĂ©dĂ©rations qui, dans le mouvement, freinent des quatre fers, et ne donnent que des perspectives floues, lointaines, dispersĂ©es. Les syndicats sont des organismes de concertation entre ouvriers et patrons. Ils se placent entre ces classes qui sont inconciliables. Ils se voudraient au-dessus de la mĂȘlĂ©e, dĂ©fendant “le service public” ou un “intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral” qui nâexiste pas. Largement dĂ©pendant de lâĂtat, qui les finance et soutient leur organisation, ils sont contraints au grand Ă©cart pour ne pas perdre le peu de crĂ©dit quâil leur reste dans les rangs des travailleurs, mais en dĂ©finitive doivent obĂ©ir Ă leur maĂźtre. Câest leur nature propre qui est bien sĂ»r en cause, et non pas de mauvais dirigeants quâil faudrait remplacer. La tache de redresser ces organisations est donc vouĂ©e Ă lâĂ©chec.
De maniĂšre contrastĂ©e, des travailleurs reprennent l’offensive. Des secteurs de lâĂducation Nationale sont trĂšs mobilisĂ©s et sâorganisent eux-mĂȘme pour Ă©tendre leur lutte aux diffĂ©rents Ă©tablissements et contacter les travailleurs dâautres secteurs. Toute lutte nâest menaçante que par son extension, particuliĂšrement sur les retraites oĂč il y a un consensus de la classe politique pour aggraver les conditions faites aux prolĂ©taires. Contre les diviseurs de tout bord, nous devons mettre en avant des revendications unitaires. Par exemple, sur les retraites, ces revendications sont simples: quel que soit notre statut, 37 ans 1/2 pour tous les travailleurs, calculĂ©s sur les 6 meilleurs mois.
Dans cette Ă©poque de crise, la bourgeoisie dĂ©fend ses taux de profit de maniĂšre acharnĂ©e. Elle est prĂȘte Ă entraĂźner le monde entier dans des guerres dĂ©vastatrices pour sauvegarder ses intĂ©rĂȘts contre ses concurrents. Seule la lutte unitaire des travailleurs de tous les pays contre leur propre bourgeoisie pourra combattre l’exploitation, arrĂȘter les guerres et accĂ©lĂ©rer le processus indispensable de construction d’un Parti Communiste Ă l’Ă©chelle mondiale. C’est le but que s’est donnĂ© le Bureau International pour le Parti RĂ©volutionnaire, que nous reprĂ©sentons en France.
Bilan & Perspectives, 22 mai 2003Bilan & Perspectives - 8
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