Attentats de Madrid
2004-03-28
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Le terrorisme est une arme de la guerre impérialiste
Les Ă©vĂšnements de Madrid — le massacre effroyable et barbare fait par les bombes comme le spectacle ignoble donnĂ© par le monde politique bourgeois immĂ©diatement aprĂšs — et lâassassinat du “leader spirituel” du Hamas, Ahmed Yassine, sont absolument significatifs de ce que le capitalisme nous prĂ©pare.
Depuis le 11 septembre 2001, qui a donnĂ© lâoccasion dâune guerre dĂ©cidĂ©e il y a deux ans contre lâAfghanistan des Talibans, aux rĂ©cents Ă©vĂšnements de Madrid, qui a clairement modifiĂ© la base de lâorientation politique du gouvernement espagnol Ă propos de la guerre en Irak, le terrorisme semble Ă©levĂ© au rang de lâEnnemi dans une nouvelle guerre mondiale. Mais les choses ne sont pas ainsi.
Le terrorisme est un pion — nous ne savons pas dans quelle mesure il est manipulĂ© ou autonome, mais il est Ă coup sĂ»r excitĂ© et utilisĂ© — dans un grand jeu entre les puissances impĂ©rialistes. Dans ce sens, le terrorisme est devenu dĂ©sormais une des armes de la guerre en cours entre les puissances impĂ©rialistes existantes ou encore en devenir.
Les USA sont allĂ©s en Afghanistan puis en Irak pour dĂ©fendre leur contrĂŽle du pĂ©trole, de ses voies de commercialisation et de la rente financiĂšre quâil gĂ©nĂšre. Contre Saddam Hussein ? Oui Ă©galement, parce quâil avait signĂ© des accords pour vendre du pĂ©trole en Euros, mais surtout contre ce dernier et le danger quâil reprĂ©sente.
Dâautre part, lâEuro nâest encore quâune monnaie, il lui manque par contre une base minimum dâunitĂ© politique. Tandis que les bourgeoisies allemandes et françaises, par les prises de position politiques, aussi bien des gouvernements que des oppositions, sâopposaient durement, Ă lâONU et dans leur diplomatie, Ă la guerre anglo-amĂ©ricaine, les bourgeoisies italiennes et espagnoles se montraient trĂšs divisĂ©es — et donc politiquement instables — et adoptaient pour un temps un philo-amĂ©ricanisme de gouvernement.
Le fait est que les bombes de Madrid ont modifiĂ© dâune façon extrĂȘmement brutale, pas du tout politique, lâorientation du gouvernement espagnol. De cette façon, Ă©videmment, le front EuropĂ©en (autonomie europĂ©enne anti-amĂ©ricaine) se renforce peu de temps avant lâentrĂ©e de dix nouveaux pays dont certain ont dĂ©veloppĂ© une tendance philo-amĂ©ricaine.
Un autre fait rĂ©vĂ©lĂ© par lâĂ©pisode espagnol est lâutilisation du mensonge comme instrument politique. Ce nâest pas un phĂ©nomĂšne nouveau. Les guerres rĂ©centes (de lâAfghanistan Ă lâIrak) ont Ă©tĂ© menĂ©es au nom de⊠grandes plaisanteries: la lutte contre le terrorisme protĂ©gĂ© par les Talibans pour lâAfghanistan et les armes de destruction massives de Saddam Hussein pour lâIrak. Nâoublions pas que les Etats europĂ©ens sont allĂ©s bombarder et occuper lâex-Yougoslavie au nom ⊠des droits de lâhomme.
Affirmer que lâassassinat dâAhmed Yassine est une mesure de rĂ©torsion et de protection contre le terrorisme palestinien est un grand mensonge. En rĂ©alitĂ©, maintenant, le terrorisme du Hamas sâĂ©tendra hors des frontiĂšres et du Moyen-Orient. Si — comme câest probable — il nây avait pas de liens entre le Hamas et Al Qaida, Sharon les a dĂ©sormais encouragĂ©s. Pour lui, lâaction contre le Hamas sert Ă enterrer tout possibilitĂ©, si minime soit-elle, de pourparler basĂ©s sur la Feuille de Route. Mais elle se traduit de fait par en renforcement du terrorisme dans le monde. Cela servira pour de nouvelles entreprises belliqueuses.
Voici pourquoi nous réaffirmons avec force que le terrorisme est une arme de la bourgeoisie.
Lâunique force qui peut freiner la marche du capitalisme vers la guerre et la barbarie est la classe des travailleurs. La seule arme dont le prolĂ©tariat mondial dispose pour sâopposer et ralentir le cours Ă la guerre de la bourgeoisie est la lutte des classe.
Les travailleurs doivent revenir Ă la dĂ©fense contre les brutales attaques de la classe dominante contre les salaires, lâemploi et la protection sociale.
Ces luttes de rĂ©elle dĂ©fense — donc hors de toute logique syndicale de cogestion et des structures dâenlisement — seront la condition de la renaissance dâune alternative historique au capitalisme, Ă son exploitation de lâhomme par lâhomme et Ă ses guerres.
Cette alternative a un nom, qui a Ă©tĂ© traĂźnĂ© dans la boue par la contre-rĂ©volution stalinienne et le capitalisme dâEtat russe, mais qui reviendra inspirer le prolĂ©tariat: le communisme.
BIPR, 28-3-2004Bilan & Perspectives - 8
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