Auto-organisation, anticapitalisme

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Voilà un véritable programme de lutte!

Une nouvelle fois, les syndicats nous appellent Ă  une “journĂ©e d’action”, Ă  une manifestation. Les raisons ne manquent pas d’entrer en lutte. Il y a eu la rĂ©forme des retraites qui a amputĂ© notre futur salaire de vieux travailleurs de 10 Ă  40%. Il y a les augmentation des salaires inexistantes ou dĂ©risoires, largement infĂ©rieures Ă  l’inflation, officielle ou rĂ©elle. La remise en cause de la loi sur les 35 heures qui ne porte que sur le temps de travail, mais ne touche pas Ă  la flexibilitĂ© imposĂ©e par le gouvernement “socialiste” de l’époque. Les fermeture d’entreprises, restructurations et licenciements. La prĂ©caritĂ© gĂ©nĂ©ralisĂ©e, le temps partiel imposĂ©. L’augmentation des cotisations pour la SĂ©cu, la diminution des remboursements, la mise en place d’un service Ă  deux vitesses. Le dĂ©mantĂšlement de services publics Ă  travers des lois (par exemple loi d’orientation sur l’école) ou des Ă©volutions et restructurations comme Ă  La Poste ou SNCF, remettant en cause les droits des travailleurs, augmentant le coĂ»t final pour les usagers et permettant de drainer les profits importants dĂ©gagĂ©s par ces secteurs vers le capitalisme privĂ©. La liste n’en finirait pas: Nous sommes bien accoutumĂ©s avec ces attaques, pratiquĂ©es par tous les gouvernements de droite ou de gauche depuis des annĂ©es. Elles constituent mĂȘme l’axe essentiel des politiques de ces gouvernements qui se succĂšdent annĂ©es aprĂšs annĂ©es.

La raisons pour lesquelles il est important de lutter, de manifester et de faire grĂšve ne manquent donc pas. Mais il faut se demander: pour qui lutterons nous? qui tirera profit de nos manifestations et de nos grĂšves?

C’est en ordre dispersĂ©s, corporation par corporation, que ces syndicats ont appelĂ© les seuls fonctionnaires et assimilĂ©s Ă  faire grĂšve les 18, 19 et 20 janvier dernier. C’est en fait Ă  une lutte symbolique que nous sommes conviĂ©s. Les syndicats veulent d’un cĂŽtĂ© montrer aux travailleurs qu’ils sont censĂ©s reprĂ©senter qu’ils agissent et d’un autre cĂŽtĂ© montrer au patronat et gouvernement qu’ils sont rĂ©ellement suivis par leur base. C’est que les syndicats ont inscrit sur leur drapeau la dĂ©fense de l’entreprise et de la nation. Et nous (travailleurs du secteur public ou du secteur privĂ©; fonctionnaires, travailleurs sous contrat Ă  durĂ©e indĂ©terminĂ©e, prĂ©caires ou sans emploi) qui les suivons perdons de tout cĂŽtĂ©s et subissons une prĂ©carisation de plus en plus gĂ©nĂ©ralisĂ©e, Ă  cause de l’absence d’une minimale, d’une rĂ©elle et concrĂšte lutte proclamĂ©e par les syndicats.

Le vĂ©ritable motif de cette Ă©niĂšme lutte symbolique est bien la dĂ©fense des syndicats eux-mĂȘme, de leur fonction institutionnelle de mĂ©diation, d’intermĂ©diaire. Le rĂŽle des syndicat est de nous “vendre”, Ă  nous les prolĂ©taires, les rĂ©formes, les changements et restructurations — qui sont toujours incontournables! — que le patronat ou l’Etat Ă  prĂ©parĂ©. Mais il faut aussi aux syndicats se prĂ©senter, face aux patrons et gouvernements, comme seul capables de nous faire avaler ces pilules.

Si nous voulons nous dĂ©fendre rĂ©ellement contre toutes ces attaques, c’est dans des luttes rĂ©elles que nous devons nous engager. OrganisĂ©es Ă  partir de la base, s’élargissant le plus possible, constituant sur les lieux de travail des comitĂ©s de dĂ©fense et d’organisation autonomes, basĂ©s sur des AssemblĂ©es GĂ©nĂ©rales et des dĂ©lĂ©guĂ©s rĂ©vocables. C’est nous, les travailleurs, et non des syndicats ou des politiciens, qui devons dĂ©fendre nos intĂ©rĂȘts. Contre les logiques de nĂ©gociations et de partenariat qui visent Ă  conserver le capitalisme, Ă  nous faire passer pour inĂ©vitables la dĂ©gradation de nos conditions de vie et de travail. Contre les illusions d’une harmonie possible entre les classes, l’illusion de l’existence d’un intĂ©rĂȘt national, commun, entre classe ouvriĂšre et bourgeoisie, cherchons l’unitĂ© de notre classe, unifions nous autour de nos intĂ©rĂȘts exclusifs, aussi bien immĂ©diats que gĂ©nĂ©raux.

Tous unis en tant que classe antagonique au capitalisme, contre la bourgeoisie et ses appendices. Pour rĂ©agir concrĂštement et mettre fin Ă  l’exploitation bourgeoise et Ă  ces gouvernements qui l’appuient.

Bilan & Perspectives

Section en France du BIPR