L'Europe
2005-08-01
in
Le refus de la nouvelle constitution europĂ©enne au rĂ©fĂ©rendum français du 29 mai est un Ă©vĂ©nement important quâil importe de bien comprendre. La construction de lâEurope rĂ©pond Ă des impĂ©ratifs Ă©conomiques clairs. La classe dominante europĂ©enne a besoin de plus dâintĂ©gration Ă©conomique pour augmenter le volume des Ă©changes commerciaux et sa capacitĂ© de gĂ©nĂ©rer des profits. Elle a aussi besoin de diminuer ses coĂ»ts dâopĂ©ration directs (les conditions de travail) et indirects (les programmes sociaux). Puisque le projet europĂ©en est un outil pour rĂ©pondre Ă ses impĂ©ratifs, la dĂ©faite du camp du oui Ă ce rĂ©fĂ©rendum nâarrĂȘtera pas le processus en ce qui concerne ses objectifs principaux.
Cependant, des divergences existent sur lâĂ©tendue nĂ©cessaire et la stratĂ©gie Ă employer en ce qui a trait Ă la question de la restriction des conditions de vie et de travail du prolĂ©tariat europĂ©en. Pour des raisons Ă©conomiques et historiques totalement diffĂ©rentes, le Royaume-Uni et les Ă©conomies dâEurope de lâEst favorisent une offensive rapide et directe. Les Ătats centraux, tout aussi convaincus du besoin de sabrer Ă larges brassĂ©es, craignent quant Ă eux la rĂ©sistance dâun prolĂ©tariat plus combatif et prĂŽnent une approche plus graduelle et prudente. Il nây a pas dâentente non plus sur la place particuliĂšre que lâUnion EuropĂ©enne (UE) doit occuper Ă lâintĂ©rieur des structures de lâimpĂ©rialisme mondial. Alors que les Ătats centraux reconnaissent et souhaitent que lâintĂ©gration Ă©conomique amĂšnent des consĂ©quences politiques, dâautres Ătats (notamment, mais pas uniquement le Royaume Uni) craignent les consĂ©quences de la construction dâun nouveau pĂŽle impĂ©rialiste. Ils estiment que la rivalitĂ© avec la superpuissance amĂ©ricaine est une stratĂ©gie perdue Ă lâavance et se donne plutĂŽt comme mission de profiter au mieux de la situation actuelle.
Le rejet de la constitution par lâĂ©lectorat français a crĂ©e un certain Ă©tat de crise dans lâUE. Il est maintenant assez Ă©vident que les divergences concernant lâoffensive contre la classe ouvriĂšre europĂ©enne et la relation avec lâimpĂ©rialisme amĂ©ricain ne pourront ĂȘtre esquivĂ©es trĂšs longtemps. Cependant, les nĂ©cessitĂ©s Ă©conomiques du capital continueront Ă pousser dans le sens de lâintĂ©gration et ce ne sont pas les machinations nationalistes et protectionnistes de la petite bourgeoisie britannique et française qui lâarrĂȘteront. Il nây aura pas de retour Ă lâĂ©tat de dispersion politique et Ă©conomique dâantan.
Pour le moment, il semble que le rejet de la constitution, vu comme symbole et tĂȘte de pont des politiques dâaustĂ©ritĂ©, conforte la bourgeoisie des Ătats centraux dans sa politique dâattaque graduelle et rĂ©flĂ©chie contre son prolĂ©tariat. Au niveau politique et dans le rapport avec les Ătats-Unis, il est toujours possible que des Ă©lĂ©ments essentiels de la constitution soient adoptĂ©s individuellement par le Parlement europĂ©en. Mais les questions en litige seront sans doute bloquĂ©es par un des camps bourgeois. Il est aussi tout Ă fait possible que les Ătats plus attachĂ©s Ă une plus grande unitĂ© politique, se constituent en tant que noyau dur de lâEurope et concluent des ententes spĂ©cifiques et gĂ©ographiquement limitĂ©es pour la rĂ©aliser.
Le refus de la nouvelle constitution europĂ©enne au rĂ©fĂ©rendum français du 29 mai est un Ă©vĂ©nement important quâil importe de bien comprendre. La construction de lâEurope rĂ©pond Ă des impĂ©ratifs Ă©conomiques clairs. La classe dominante europĂ©enne a besoin de plus dâintĂ©gration Ă©conomique pour augmenter le volume des Ă©changes commerciaux et sa capacitĂ© de gĂ©nĂ©rer des profits. Elle a aussi besoin de diminuer ses coĂ»ts dâopĂ©ration directs (les conditions de travail) et indirects (les programmes sociaux). Puisque le projet europĂ©en est un outil pour rĂ©pondre Ă ses impĂ©ratifs, la dĂ©faite du camp du oui Ă ce rĂ©fĂ©rendum nâarrĂȘtera pas le processus en ce qui concerne ses objectifs principaux.
Cependant, des divergences existent sur lâĂ©tendue nĂ©cessaire et la stratĂ©gie Ă employer en ce qui a trait Ă la question de la restriction des conditions de vie et de travail du prolĂ©tariat europĂ©en. Pour des raisons Ă©conomiques et historiques totalement diffĂ©rentes, le Royaume-Uni et les Ă©conomies dâEurope de lâEst favorisent une offensive rapide et directe. Les Ătats centraux, tout aussi convaincus du besoin de sabrer Ă larges brassĂ©es, craignent quant Ă eux la rĂ©sistance dâun prolĂ©tariat plus combatif et prĂŽnent une approche plus graduelle et prudente. Il nây a pas dâentente non plus sur la place particuliĂšre que lâUnion EuropĂ©enne (UE) doit occuper Ă lâintĂ©rieur des structures de lâimpĂ©rialisme mondial. Alors que les Ătats centraux reconnaissent et souhaitent que lâintĂ©gration Ă©conomique amĂšnent des consĂ©quences politiques, dâautres Ătats (notamment, mais pas uniquement le Royaume Uni) craignent les consĂ©quences de la construction dâun nouveau pĂŽle impĂ©rialiste. Ils estiment que la rivalitĂ© avec la superpuissance amĂ©ricaine est une stratĂ©gie perdue Ă lâavance et se donne plutĂŽt comme mission de profiter au mieux de la situation actuelle.
Le rejet de la constitution par lâĂ©lectorat français a crĂ©e un certain Ă©tat de crise dans lâUE. Il est maintenant assez Ă©vident que les divergences concernant lâoffensive contre la classe ouvriĂšre europĂ©enne et la relation avec lâimpĂ©rialisme amĂ©ricain ne pourront ĂȘtre esquivĂ©es trĂšs longtemps. Cependant, les nĂ©cessitĂ©s Ă©conomiques du capital continueront Ă pousser dans le sens de lâintĂ©gration et ce ne sont pas les machinations nationalistes et protectionnistes de la petite bourgeoisie britannique et française qui lâarrĂȘteront. Il nây aura pas de retour Ă lâĂ©tat de dispersion politique et Ă©conomique dâantan.
Pour le moment, il semble que le rejet de la constitution, vu comme symbole et tĂȘte de pont des politiques dâaustĂ©ritĂ©, conforte la bourgeoisie des Ătats centraux dans sa politique dâattaque graduelle et rĂ©flĂ©chie contre son prolĂ©tariat. Au niveau politique et dans le rapport avec les Ătats-Unis, il est toujours possible que des Ă©lĂ©ments essentiels de la constitution soient adoptĂ©s individuellement par le Parlement europĂ©en. Mais les questions en litige seront sans doute bloquĂ©es par un des camps bourgeois. Il est aussi tout Ă fait possible que les Ătats plus attachĂ©s Ă une plus grande unitĂ© politique, se constituent en tant que noyau dur de lâEurope et concluent des ententes spĂ©cifiques et gĂ©ographiquement limitĂ©es pour la rĂ©aliser.
En tout Ă©tat de choses, il est clair que les nuances programmatiques divisant la bourgeoisie ne constituent pas un enjeu pour la classe ouvriĂšre au point que celle-ci ait un intĂ©rĂȘt Ă se mobiliser derriĂšre une de ses fractions. Tout au long de la campagne rĂ©fĂ©rendaire, lâaile gauche du capital constituĂ©e par le Parti “communiste” français, par toutes les organisations trotskistes et “marxistes-lĂ©ninistes”, par les altermondialistes et par un bon nombre dâanarchistes, a tentĂ© de mobiliser les travailleurs et les travailleuses derriĂšre le camp, ultimement victorieux du non. Ce faisant, les forces gauchistes se sont retrouvĂ© au coude Ă coude avec les Ă©lĂ©ments les plus rĂ©trogrades et xĂ©nophobes de la bourgeoisie française. Elles ont sablĂ© le champagne avec les Jean-Marie Le Pen et le vicomte Philippe De Villiers. Le dĂ©bat sur la rĂ©organisation de lâimpĂ©rialisme en Europe nâest pas celui du prolĂ©tariat. Les attaques planifiĂ©es contre les conditions de vie et de travail ne se combattront pas dans les couloirs des parlements et sur les plateaux de tĂ©lĂ©vision, mais dans les usines et dans la rue. La Gauche communiste, fidĂšle aux enseignements historiques du mouvement ouvrier, appelle les travailleurs et les travailleuses Ă dĂ©velopper leur autonomie et Ă multiplier les luttes et les grĂšves. Nous les appelons aussi Ă sâorganiser en tant que force politique vĂ©ritablement autonome, internationale et rĂ©volutionnaire. Câest uniquement ainsi quâils construiront un jour une Europe vĂ©ritablement sociale, dans le cadre dâune humanitĂ© enfin unifiĂ©e et libĂ©rĂ©e des chaĂźnes de lâexploitation capitaliste.
Le Groupe Internationaliste Ouvrier