Les Ătats-Unis et...
2005-08-01
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… La gĂ©opolitique
Une science Ă©tudiant les rapports politico-stratĂ©giques entre les diffĂ©rents pays qui composent ce monde. Les Ătats-Unis, en tant que force hĂ©gĂ©monique et Ă cause de cette hĂ©gĂ©monie, se situent au cĆur mĂȘme de cette politique mondiale. Lorsquâon observe les diffĂ©rents mouvements qui sont orchestrĂ©s par les acteurs internationaux, on constate quâil y a trĂšs peu de marge de manoeuvre dans un monde impĂ©rialiste oĂč le pĂŽle le plus important se situe Ă Washington. Car, contrairement Ă dâautres pays qui aspirent aussi au contrĂŽle des ressources de la planĂšte, seul les Ătats-Unis osent aussi clairement exposer cet objectif au reste du monde. Câest le pouvoir militaire incontestable, du moins pour le moment. Sa place est, sur ce point, sans Ă©quivoque et sans opposition rĂ©elle dans lâĂ©tat actuel des choses. Reste que depuis quelques semaines, le drapeau Ă©toilĂ© flotte dans la tempĂȘte. Dâabord, en Irak, les Ătats-Unis subissent prĂ©sentement une sĂ©rie de revers, face Ă une multiplicitĂ© de rĂ©sistances qui les opposent sur le terrain, et fait penser que cette puissance patauge dans un merdier prenant de plus en plus les allures dâun nouveau Vietnam. LâIran, de son cĂŽtĂ©, vient dâĂ©lire lâultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad, lequel est dĂ©jĂ ciblĂ© par les Ătats-Unis. Ensuite, certains Ă©vĂšnements rĂ©cents en Afghanistan nous font douter que les forces dâoccupation — dirigĂ©es en grande partie par les faucons de la Maison-Blanche — sont dĂ©ployĂ©es en tout quiĂ©tude dans ce pays dĂ©vastĂ© par les guerres. Quant Ă la Chine, la rĂ©cente offre dâachat pour lâacquisition de lâentreprise Ă©nergĂ©tique amĂ©ricaine Unocal laisse entrevoir certaines tensions supplĂ©mentaires entre ces deux superpuissances Ă©nergivores. Enfin, la popularitĂ© de lâadministration Bush est en chute libre Ă lâintĂ©rieur mĂȘme du pays, alors que la rumeur dâune conscription prochaine commence Ă se faire entendre. Faisons donc un tour dâhorizon rapide des principaux Ă©vĂšnements dans lesquels les Ătats-Unis trempent prĂ©sentement…
… LâIrak!
“Je pensais que nous trouverions des armes de destruction massive”, lançait Bush le 14 janvier dernier, avant de confirmer que la recherche infructueuse de celles-ci Ă©tait maintenant dĂ©finitivement abandonnĂ©e. Or, lâIrak est toujours occupĂ© par les Ătats-Unis, mais ceux-ci rencontrent de plus en plus de difficultĂ©s Ă maintenir le contrĂŽle et la pax americana sur le territoire. En effet, il y a une nette recrudescence de la rĂ©sistance et les 138,000 soldats amĂ©ricains dĂ©ployĂ©s sont aux prises avec tout un fatras de “guĂ©rilleros” suicidaires dĂ©vouĂ©s Ă la cause irakienne. Câest que, pour la premiĂšre puissance militaire du monde, envahir un pays Ă©conomiquement dĂ©vastĂ© nâoffre pas de sĂ©rieuses difficultĂ©s; mais imposer son ordre sur le peuple irakien est une toute autre affaire. De plus, Ă mesure que la guerre sâenlise, les cas de dĂ©sobĂ©issance au sein mĂȘme des forces dâoccupation risquent de croĂźtre. Rumsfeld a donc mentionnĂ©, il y a peu de temps, que la guerre en Irak pourrait durer 12 ans.
Pour donner quelques exemples des diffĂ©rents au sein mĂȘme des forces dâoccupation, lâancien membre de la National Security Agency, Wayne Madsen indique que les affrontements armĂ©s entre les soldats amĂ©ricains — qui oeuvrent conjointement avec les autres forces de la coalition en Irak — et les militaires privĂ©s, ne reprĂ©sentent plus des cas isolĂ©s et se multiplient en sol irakien. Selon les experts militaires US, ceci est un phĂ©nomĂšne nouveau qui pourrait devenir monnaie courante au fur et Ă mesure que les tensions liĂ©es au nombre de soldats tuĂ©s et Ă lâembourbement de la guerre augmenteront. Ă la fin du mois de mai, le Los Angeles Times racontait que des Marines ont Ă©tĂ© tĂ©moins de feux nourris, en direction de civils irakiens, de la part de mercenaires de la compagnie Zapata Engineering. “Votre convoi roulait trop vite, et vous faisiez feu sans distinction (âŠ). Vos actions ont mis en danger la vie dâinnocents irakiens et de membres de soldats US dans la zone”, dĂ©clarait le Marine Corps dans une lettre envoyĂ©e aux salariĂ©s de Zapata, avant que ceux-ci ne soient mis sous verrous le 28 mai dernier. Ces conflits entre les militaires en devoir et les militaires privĂ©s proviennent, en partie, du fait quâil y a un manque sĂ©vĂšre dans la discipline, le sĂ©rieux, et lâintĂ©gritĂ© morale des mercenaires; ceux-ci sont dâailleurs souvent pointĂ©s du doigt comme des racistes et des cow-boys amĂ©ricains. Il y aurait prĂ©sentement 35,000 privĂ©s US en Irak, et les cas dĂ©lictueux impliquant ceux-ci seraient nombreux et peu rapportĂ©s.
Autre cas, autre exemple. Lâautomne dernier, les mĂ©dias avaient parlĂ© dâun premier cas de mutinerie de soldats amĂ©ricains en Irak. Dix-neuf soldats de la 343Ăšme compagnie de lâArmy Reserve avaient alors refusĂ© de participer Ă une mission quâon leur avait ordonnĂ© dâexĂ©cuter. Lâaffaire fut assez rapidement Ă©vacuĂ©e des manchettes. Cependant, un nouveau cas dâinsubordination grave reçoit beaucoup moins dâattention mĂ©diatique, quoiquâil doive certainement inquiĂ©ter assez sĂ©rieusement lâĂ©tat-major. En effet, ce dernier vient dâexiger quâon mĂšne une enquĂȘte sur la mort de deux de ses officiers en Irak. Ceux-ci auraient Ă©tĂ© victimes de “fragging”, câest-Ă -dire quâils auraient Ă©tĂ© volontairement tuĂ©s par leurs propres soldats. Câest le sort que rĂ©servaient les soldats amĂ©ricains au Vietnam pour les officiers qui se montraient trop empressĂ©s Ă les faire passer Ă la machine Ă saucisses. Lors de la guerre du Vietnam, on dĂ©nombra 1000 cas de fragging, dont la frĂ©quence augmenta au fur et Ă mesure que le conflit sâenlisait. Environ 100 officiers amĂ©ricains pĂ©rirent alors de cette façon. Tandis que la guerre sâembourbe en Irak et que la situation se dĂ©tĂ©riore aussi en Afghanistan, un deuxiĂšme front sâorganise peut-ĂȘtre maintenant Ă lâarriĂšre des lignes amĂ©ricaines, celui de leurs propres soldats, de plus en plus Ă©coeurĂ©s par une guerre toute entiĂšre consacrĂ©e Ă la recherche de profits.
Et que dire de lâĂ©tat des soldats en devoir sur le terrain? En plus dâenviron une bonne cinquantaine de suicides chez les militaires, en date du mois dâavril 2005, 1118 soldats amĂ©ricains avaient Ă©tĂ© Ă©vacuĂ©s dâIrak en raison de graves problĂšmes psychiatriques. De plus, selon les statistiques disponibles au mois de mars, 12 020 vĂ©tĂ©rans de lâintervention en Irak avaient nĂ©cessitĂ© des soins pour des troubles nerveux post-traumatiques.
… LâIran!
La rĂ©cente Ă©lection de Mahmoud Ahmadinejad, lâancien maire de TĂ©hĂ©ran, aussi reconnu pour ses politiques ultraconservatrices et son attachement profond Ă lâAyatollah Khomeiny, ne plaĂźt dĂ©cidĂ©ment pas Ă lâadministration Bush, dont le secrĂ©taire Ă la DĂ©fense Rumsfeld sâest empressĂ© dâen faire la critique en tant que “non ami de la dĂ©mocratie” et “non ami de la libertĂ©”, de lĂ©gers euphĂ©mismes pour ne pas traiter trop rapidement le nouveau dirigeant dâennemi et de dictateur. Affirmant quâil nâen connaissait pas plus que ça Ă propos de son nouveau bouc Ă©missaire, il poursuivit en mentionnant quâil est “une personne qui est trĂšs partisan des ayatollahs actuels, qui disent au peuple de ce pays comment vivre leurs vies”; et dâen rajouter: “Et jâai lâimpression quâau fil du temps, les jeunes gens et les femmes le trouveront inacceptable, tout autant que ses maĂźtres”. Et bien voilĂ qui en laisse prĂ©sager beaucoup sur les futures relations entre les deux pays! Dâautant plus que Washington ne donne aucune lĂ©gitimitĂ© Ă lâĂ©lection dâAhmadinejad et que ce dernier dĂ©clare vouloir poursuivre le programme nuclĂ©aire, malgrĂ© les objections des Ătats-Unis, qui soutiennent que lâIran chercherait Ă profiter de ce programme pour dĂ©velopper la bombe atomique. Le nouveau prĂ©sident iranien affirme aussi vouloir suivre la voie de la RĂ©volution islamique et ne tient pas Ă dĂ©velopper des rapports diplomatiques significatifs avec les Ătats-Unis. Ce nâest pas Ă©tonnant de la part de ce fanatique intĂ©griste, qui aurait dâailleurs fait partie du conseil central du BCU (lâancien Bureau de la consolidation de lâunitĂ© entre les universitĂ©s et les sĂ©minaires thĂ©ologiques) au dĂ©but des annĂ©es â80. Celui-ci aurait aussi pris part aux purges des enseignants et des Ă©tudiants dissidents sous le rĂ©gime Khomeiny, en plus de jouer un rĂŽle de tortionnaire au sein des “gardiens de la rĂ©volution”. Qui plus est, on lâaccuse aussi dâavoir participĂ© Ă la prise dâotages de 1979, oĂč des Ă©tudiants intĂ©gristes avaient pris possession de lâambassade amĂ©ricaine Ă TĂ©hĂ©ran.
Bref, les prĂ©textes sont dĂ©jĂ lĂ pour lĂ©gitimer une Ă©ventuelle intervention militaire en Iran. Alors, avec ce nouveau dirigeant intĂ©griste au pouvoir, et les ressources stratĂ©giques de pĂ©trole que ce pays possĂšdent, est-ce que les Ătats-Unis vont attaquer lâIran? Le problĂšme est que, tant quâils nâauront pas consolidĂ© leurs effectifs et rĂ©tabli lâordre en Irak, une intervention lĂ -bas est difficile. Les forces matĂ©rielles — dont lâinfanterie — font prĂ©sentement dĂ©faut, et lâimpopularitĂ© grandissante de la guerre en Irak menace lâadministration Bush au sein mĂȘme des Ătats-Unis. Parions que les amĂ©ricains continueront dâexercer une certaine influence sur les pays limitrophes afin de garder un Ćil sur lâIran. Ils dĂ©sirent sâassurer aussi que le projet dâolĂ©oduc BCT, avec lequel ils aspirent, entre autre chose, Ă miner le monopole russe des exportations de pĂ©trole dans la rĂ©gion de la mer Caspienne, ne rencontre pas dâobstacle. Le prolĂ©tariat du Moyen-Orient a fort Ă faire pour se dĂ©barrasser des fous et des rapaces qui ont mainmise sur le territoire!
… LâAfghanistan!
Emplacement stratĂ©gique, production de drogue, malgrĂ© lâextrĂȘme pauvretĂ© de la sociĂ©tĂ© afghane, ce territoire offre des avantages rĂ©els pour qui le contrĂŽle. En effet, outre la colossale carotide dâhydrocarbure que reprĂ©sente le pipeline dâUnocal — qui achemine environ 30 milliards de mĂštres cube de gaz naturel du TurkmĂ©nistan vers le Pakistan, en traversant les plaines de Herat et de Kandahar — 40% du PIB afghan provient de la culture du pavot Ă opium. En 1999, les Nations Unies estimaient que celle-ci reprĂ©sentait un marchĂ© de 251 millions de dollars. Cependant, pour les impĂ©rialistes qui convoitent ce territoire, ce pays reste Ă “pacifier”. Nous ne sommes pas dupes: la puissance militaire amĂ©ricaine nâest pas allĂ© dans ce pays du Moyen-Orient pour dĂ©livrer le peuple afghan du rĂ©gime taliban. En fait, la preuve est quâĂ lâextĂ©rieur de Kaboul, vĂ©ritable forteresse militaire, et du tracĂ© du gazoduc, le pays est plongĂ© dans un chaos complet oĂč lâĂ©conomie souterraine alimente le reste du pays. LâĂtat afghan nâexiste que pour la communautĂ© internationale qui est prĂ©sente lĂ -bas sous la forme dâune panoplie dâONG, et sert de façade aux menĂ©es impĂ©rialistes.
Les massacres Ă saveur ethnique, politique, ou culturelle sont courants, et les actions anti-amĂ©ricaines sont toujours aussi prĂ©sentes avec une accentuation ces derniers temps: rĂ©cemment encore, un hĂ©licoptĂšre en patrouille dans la rĂ©gion de Kandahar — transportant 17 personnes Ă son bord — a Ă©tĂ© abattu. La rĂ©gion en bordure du Pakistan sert de repĂšre aux insurgĂ©s talibans, aux combattants dâAl Qaida, et Ă une panoplie de trafiquants de drogue, tous hostiles au gouvernement proamĂ©ricain situĂ© Ă Kaboul. LâĂ©crasement de cet hĂ©licoptĂšre est le point culminant de combats importants qui ont eu lieu depuis le mois dâavril dernier; des combats opposant la rĂ©sistance antiamĂ©ricaine aux troupes de lâoccupation et qui ont causĂ© la perte de 465 insurgĂ©s, 43 policiers et soldats afghans, 125 civils, et 45 militaires US. Des chiffres qui ont de quoi inquiĂ©ter lâadministration amĂ©ricaine qui tente vainement de contrĂŽler ces zones depuis presque quatre ans!
… La Chine!
Le gĂ©ant dâOrient qui, il nây a pas si longtemps, demeurait silencieux, commence Ă exprimer assez clairement sa volontĂ© de domination en cherchant Ă acquĂ©rir de nouvelles rĂ©serves Ă©nergĂ©tiques. Câest la puissance militaire montante qui, avec prĂšs de 40% de son budget allouĂ© aux seules dĂ©penses militaires, se situe prĂ©sentement au troisiĂšme rang mondial en ce domaine. Donald Rumsfeld a posĂ© le problĂšme de la façon suivante lors de la confĂ©rence annuelle de lâInstitut international des Ă©tudes stratĂ©giques: “Puisque personne ne menace la Chine, on peut se demander: pourquoi cet investissement croissant? Pourquoi ces importants achats dâarmes?”; Ă quoi un responsable du ministĂšre chinois des Affaires Ă©trangĂšres, lui rĂ©pondit: “Pensez-vous vraiment que la Chine nâest menacĂ©e par aucun autre pays?”.
La Chine se rĂ©veille et elle a bon appĂ©tit. Elle est devenue depuis peu, le deuxiĂšme pays importateur de pĂ©trole aprĂšs les Ătats-Unis, et ceci commence Ă se reflĂ©ter dans ses relations avec le gĂ©ant dâAmĂ©rique. RĂ©cemment, la China National Offshore Oil Corp. (CNOOC), le troisiĂšme conglomĂ©rat producteur de pĂ©trole en Chine, a soumis une offre publique dâachat pour acquĂ©rir lâentreprise amĂ©ricaine Unocal, un groupe commercial basĂ© en Californie et spĂ©cialisĂ© dans la production de pĂ©trole et de gaz naturel. LâOPA de 18.5 milliards de dollars US a Ă©tĂ© lancĂ©e alors que Chevron Texaco Ă©tait sur le point de conclure une entente avec Unocal en vue dâacquĂ©rir lâentreprise. Lâoffre de Chevron est prĂ©sentement infĂ©rieure de 2.1 milliards de dollars Ă celle de la CNOOC, et le CongrĂšs amĂ©ricain est sur les dents. Tandis que les analystes chinois affirment que les Ătats-Unis devraient accueillir favorablement lâoffre de lâentreprise pĂ©troliĂšre, afin que les deux pays travaillent conjointement “pour faire de lâĂ©nergie une cause commune, avant quâelle ne devienne une source de tension” (New York Times), certains politiciens amĂ©ricains tentent de prĂ©venir “la menace que pose la chasse [chinoise] aux ressources mondiales” (LibĂ©ration), et font tout en leur pouvoir pour bloquer cette offre en invoquant, en guise de raison, la sĂ©curitĂ© nationale. Rappelons que le dĂ©ficit commercial des Ătats-Unis, par rapport Ă la Chine, atteint maintenant plus de 100 milliards de dollars amĂ©ricains par annĂ©e. Les importations chinoises sont dâailleurs considĂ©rĂ©es comme une des principales causes du dĂ©ficit US. JusquâĂ prĂ©sent, le surplus accumulĂ© par la Chine Ă©tait simplement rĂ©injectĂ© en titres ou en obligations US; mais si dĂ©sormais on le met Ă profit pour acquĂ©rir des entreprises amĂ©ricaines toutes entiĂšres, câest tout un bras de fer qui menace de se jouer entre les deux superpuissances. Nous surveillerons tout ça de trĂšs prĂšs, et ferons une analyse plus dĂ©taillĂ©e des relations Chine / Ătats-Unis, dans le Notes Internationalistes de cet automne.
… Ses difficultĂ©s internes
LâĂtat impĂ©rialiste amĂ©ricain rencontre de plus en plus de difficultĂ©s Ă recruter de la chair Ă canon pour ses aventures de rapine en Afghanistan et en Irak. JusquâĂ date en 2005, la US Army est Ă 17% en dessous de ses objectifs de recrutement, alors que la Army Reserve est Ă 20% sous la barre tandis que la National Guard est en dĂ©ficit de 24%. Au mois de mai, lâarmĂ©e nâa atteint que 75 % du chiffre visĂ©, ce qui en fait le quatriĂšme mois consĂ©cutif oĂč elle nâa pas atteint ses objectifs. De plus, il faut noter que cet objectif avait dĂ©jĂ Ă©tĂ© largement revu Ă la baisse Ă cause des difficultĂ©s rencontrĂ©es sur le terrain. Cela arrive malgrĂ© lâengagement de 1000 nouveaux recruteurs et en dĂ©pit du fait que les critĂšres de recrutement ne soient plus respectĂ©s et que des bonis de 25 000 dollars, en plus de lâoffre de prĂȘts hypothĂ©caires de 50 000 dollars, soient offerts comme appĂąts.
Ă cet Ă©gard, le US State Department a aussi commencĂ© Ă mettre sur pied une banque de donnĂ©es recueillant des informations sur les Ă©tudiants ĂągĂ©s entre 16 Ă 18 ans, afin dâaider les militaires Ă identifier des recrues potentielles pour combler le manque Ă gagner en soldats. Les derniers chiffres du Pentagone font maintenant Ă©tat de milliers de militaires, hommes et femmes, qui refuseraient de servir leur pays. Selon le Pentagone, il y aurait actuellement 5133 soldats manquant Ă lâappel! Avec une politique Ă©trangĂšre qui semble maintenant viser lâIran et une prĂ©sence militaire Ă maintenir dans environ 100 pays, il nâest pas Ă©tonnant que la rumeur dâune nouvelle conscription — la plus impopulaire de toutes les mesures — se rĂ©pande. Ceci nâaidera certainement pas Ă conserver les appuis Ă la guerre au cours des prochains mois.
Ce quâil nous reste Ă faire!
Ce que ce texte tente de dĂ©montrer en mettant Ă jour diffĂ©rents Ă©vĂ©nements qui retiennent notre attention, câest le cours Ă la guerre du capital qui se manifeste sous ces diverses formes: des simples tensions inter impĂ©rialistes jusquâĂ lâĂ©clatement de ces tensions par la guerre pour sâapproprier des richesses. Puisque les puissances impĂ©rialistes sâentre-dĂ©chirent pour des causes qui ne sont pas les nĂŽtres; puisque nous ne sommes que de la chair Ă canon Ă leurs yeux, puisque ces guerres de rapine se mĂšnent sous le voile des nationalismes les plus Ă©culĂ©s, ce quâil nous reste de mieux Ă faire câest dâentreprendre la guerre; mais la guerre finale, celle qui nous oppose, nous, le prolĂ©tariat, aux profiteurs. Câest la plus lourde des tĂąches historiques, mais le futur de lâhumanitĂ© en dĂ©pend, tout comme notre prĂ©sent.
En Irak, en Afghanistan comme partout ailleurs, notre premiĂšre tĂąche est de rejeter toutes les formes de pouvoir bourgeois qui nous soumettent Ă des intĂ©rĂȘts auxquels nous nâavons rien Ă gagner et certainement tout Ă perdre! Il faut construire une organisation rĂ©volutionnaire internationaliste capable de sâenraciner dans notre classe, et qui sache efficacement mener la lutte contre la bourgeoisie! Cette organisation se doit dâĂȘtre indĂ©pendante, solidaire par delĂ les frontiĂšres, et capable de faire surgir la conscience de notre antagonisme prolĂ©tarien face au capital. Soldats, prolĂ©taires, vos seuls mots dâordre sont internationalisme, dĂ©sertion, mutinerie, lutte des classes, et rĂ©volution! $ Askinan
