Les attaques anti-ouvriĂšres se renforcent
2007-11-01
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La classe ouvriĂšre devra inĂ©vitablement se battre contre les nouvelles atteintes Ă son niveau de vie. Mais cette politique ne peut que sâintensifier et se poursuivre. Les dirigeants changent ! Le capitalisme et lâexploitation persistent.
Les Ă©lections ne sont vraiment pas le terrain de la classe ouvriĂšre — pour ceux qui nâen seraient pas encore convaincus, il suffit de revenir rĂ©trospectivement sur les derniĂšres Ă©lections en France.
Toutefois, elles reprĂ©sentent le lieu oĂč la bourgeoisie choisit sa fraction la plus capable de mener sa politique et dâexploiter les ouvriers.
Les Ă©lections sont aussi le moyen de les chloroformer en leur laissant croire quâils peuvent choisir les meilleurs gouvernants. La bourgeoisie, non contente de demander aux ouvriers de choisir eux-mĂȘmes leurs bourreaux, a montrĂ© quâelle sait aussi Ă la perfection utiliser le cirque Ă©lectoral et le rendre interminable pour crĂ©er Ă la fois du vent et un spectacle pour nous dĂ©boussoler tous. La derniĂšre campagne Ă©lectorale a Ă©tĂ©, en cela, un chef dâĆuvre et une rĂ©ussite. En durant plus de huit mois elle a intoxiquĂ© le cerveau des ouvriers tout en mettant sous le boisseau la lutte de classe [ ] et la rendant en mĂȘme temps presque inaudible.
Que lâon ne vienne pas nous dire quâavec les socialistes, les choses auraient Ă©tĂ© meilleures ! Quâa fait la « gauche » quand elle a Ă©tĂ© au pouvoir sous Mitterrand et sous Jospin? Que font des socialistes qui prĂ©tendent ĂȘtre les banquiers du monde capitaliste comme le socialiste bon teint Strauss-Kahn qui va devenir le patron du Fonds MonĂ©taire International (FMI)? Que font ces socialistes qui dirigent les principales institutions du capitalisme mondial comme Pascal Lamy qui est directeur gĂ©nĂ©ral de l’OMC (lâOrganisation Mondiale du Commerce)? Et que vont faire les socialistes au gouvernement de Sarkozy (les Kouchner, ministre des affaires Ă©trangĂšres, Jean-Pierre Jouyet, secrĂ©taire dâĂtat aux affaires europĂ©ennes ou Martin Hirsch, Ă l’Agence nouvelle des solidaritĂ©s actives, etc..)? Au-delĂ dâĂȘtre intĂ©ressĂ©s par les «palais dorĂ©s», le «caviar» et dâobtenir le droit de profiter crapuleusement de leur position, ils confirment clairement quâils nâont pas dâautres politiques, quâils ne sont pas du cĂŽtĂ© des travailleurs et quâils sont bien des membres de la mĂȘme famille: la bourgeoisie.
Hier — La politique de la bourgeoisie de «gauche» contre la classe ouvriĂšre
Rappelons ce que ces fondĂ©s de pouvoir de la bourgeoisie ont exĂ©cutĂ© quand ils ont Ă©tĂ© au pouvoir ces derniĂšres annĂ©es. Inutile de remonter au-delĂ ou dâaller voir dans dâautres pays, le constat serait le mĂȘme.
DĂšs son Ă©lection en 1981 Mitterrand a pris des mesures de relance de lâĂ©conomie qui Ă©taient passĂ©s pour des «mesures de gauche». Mais trĂšs vite, en 1982, il a fallu dĂ©chanter, les socialistes ont jetĂ© leurs masques car la crise Ă©conomique — toujours prĂ©sente — a imposĂ© la rigueur. Dans sa dĂ©claration du 13 juin 1982 sur la dĂ©valuation, Mauroy (premier ministre socialiste de Mitterrand) a annoncĂ©:
Nous poursuivions notre effort de relance en relayant lâaction menĂ©e lâan dernier en faveur de la consommation par une aide aux investissements. [ ]
Autrement dit, le gouvernement fait le choix politique dâaider la ârepriseâ en aidant lâinvestissement c’est-Ă -dire en aidant les entreprises Ă augmenter leurs profits pour quâelles aient plus de capital Ă investir. Ainsi, dĂšs juin 1982 la gauche bloque les prix et les salaires, c’est le dĂ©but d’une politique d’austĂ©ritĂ© draconienne, avec l’augmentation du chĂŽmage. Ce plan de rigueur comportait des augmentations dâimpĂŽts et de cotisations sociales, le gel des salaires et⊠la fermeture de mines dans lâest du pays… C’est dĂ©jĂ Fabius, ministre de l’Ă©conomie sous Mitterrand, qui met en place les premiĂšres privatisations et cette politique d’austĂ©ritĂ©. Rien de nouveau sous le soleil !
Les socialistes ont pris ces mesures anti-ouvriĂšres de façon cynique. En aoĂ»t 1982, Delors annonçait son plan comme visant Ă âamĂ©liorer lâenvironnement financier de lâentrepriseâ, plan qui comportait des incitations Ă lâĂ©pargne productive aux dĂ©pens de la consommation populaire. Il lâavoua explicitement dans une rĂ©union dâemployeurs en octobre.
Les revenus bruts dâexploitation [câest-Ă -dire les profits bruts de lâentreprise] depuis trois ans sont tombĂ©s Ă des niveaux tels que les entreprises nâont plus de marges minimales dâautofinancement qui leur permettent dâassurer un financement Ă©quilibrĂ© de leurs investissements.
Il poursuit:
Il faut un redressement de revenu brut dâexploitation des entreprises pour redonner du dynamisme Ă notre Ă©conomie et, sans un minimum de transferts de la richesse nationale vers ces revenus bruts, les conditions minimales de lâinvestissement ne seront pas rĂ©unies.
Le Républicain Lorrain, 27/10/1982
En clair, une partie de âla richesse nationaleâ consommĂ©e jusquâalors par les travailleurs sous forme de salaires et de prestations sociales devait ĂȘtre transfĂ©rĂ©e aux entreprises sous forme de profits accrus.
PremiĂšrement, le gouvernement dĂ©cidait de casser lâindexation des salaires dans la fonction publique. CâĂ©tait une mesure extrĂȘmement grave contre la classe ouvriĂšre. Il donnait lâexemple, en cette matiĂšre, au secteur privĂ© dans le traitement de ses propres employĂ©s (appliquĂ© par le ministre de la fonction publique, Anicet Le Pors, Ministre PCF).
DeuxiĂšmement, le gouvernement dĂ©cidait de rĂ©duire ce que Rocard avait appelĂ© âle taux de garantie socialeâ, câest-Ă -dire de rĂ©duire les dĂ©penses sur les allocations de chĂŽmage et sur la sĂ©curitĂ© sociale. Puis, le nouveau ministre de la sĂ©curitĂ© sociale, Pierre BĂ©rĂ©govoy — qui avait remplacĂ© le 29 juin Nicole Questiaux qui avait une fois dĂ©clarĂ© âje suis le ministre de la rĂ©forme, pas le ministre de la comptabilitĂ©â, lui rĂ©plique le jour mĂȘme de sa nomination: âMoi, je sais compterâ en annonçant un plan dâĂ©conomie de 10 milliards pour le rĂ©gime de la sĂ©curitĂ© sociale. En novembre le gouvernement adopte un dĂ©cret qui rend plus difficile lâobtention des allocations de chĂŽmage et rĂ©duit certaines prestations des chĂŽmeurs.
Nâest ce pas encore la mĂȘme politique que propose la bourgeoisie aujourdâhui en 2007?
Et en avril 1984, Delors peut se vanter:
En deux ans de « politique financiĂšre », parce quâil fallait commencer par lĂ , nous avons transfĂ©rĂ© aux entreprises lâĂ©quivalent de 1 % du PIB.
Libération, 13/4/1984
En effet, tous les indicateurs de la situation financiĂšre des entreprises se sont amĂ©liorĂ©s: âlâexcĂ©dent brut dâexploitationâ, âle taux de margeâ, âle taux dâautofinancementâ, tous ont augmentĂ© en 1983 et encore en 1984. Mais aux dĂ©pens de qui? Aux dĂ©pens des salariĂ©s. Ainsi en 1983, selon âles comptes de la nationâ prĂ©parĂ©s par lâINSEE, le revenu disponible brut des mĂ©nages a diminuĂ© de 0,3 % ; en 1984, la diminution a Ă©tĂ© de 0,7. La politique de la gauche consistait bien Ă prendre aux ouvriers pour donner aux capitalistes. CâĂ©tait trĂšs rĂ©ussi ! Mais que pouvions nous attendre de la bourgeoisie? Quâelle augmente les profits de ses entreprises et la formation brute de capital ! Rien que de plus normal. Augmenter la plus value est un impĂ©ratif vital pour les capitalistes qui ont besoin dâun taux dâextraction suffisant leur permettant dâinvestir de façon Ă ĂȘtre plus rentables que les concurrents et effectuer ainsi un nouveau cycle de production.
Et ensuite, que fit le gouvernement Jospin (PS et ses alliĂ©s PCF et Verts)? Autre temps autres mĆurs? Non ! Jospin a plus privatisĂ© que les deux gouvernements de droite prĂ©cĂ©dents ! (Dâaucuns nous prĂ©sentent les nationalisations comme des mesures de gauche !) Il a mis en place les contrats prĂ©caires pour les jeunes (les “emplois jeunes”. DĂ©jĂ !), et les fameuses “35 heures” qui ont entraĂźnĂ© un nouveau gel des salaires, la flexibilitĂ©, le travail le week-end⊠dans de nombreux secteurs. Il a renforcĂ© les lois sĂ©curitairesâŠ, etc.
Non, nous ne rĂȘvons pas. Nous parlons bien de la gauche et pas des mesures actuelles de Sarkozy. Sarkozy nâa rien inventĂ© sinon quelles sont plus fortes du fait de la persistance de la crise de lâĂ©conomie et de la faiblesse des profits capitalistes.
En rĂ©sumĂ© la diffĂ©rence qui existe entre les 2 fractions de bourgeoisie: sa fraction «socialiste» et sa fraction de droite actuellement au pouvoir, câest la mĂ©thode pour faire passer les mesures anti-sociales. La «gauche» emploie gĂ©nĂ©ralement plus de vaseline pour faire accepter les mesures.
Et aujourdâhui? — Toujours la poursuite de la mĂȘme politique contre la classe ouvriĂšre
La bourgeoisie continue Ă prendre normalement des mesures en dĂ©fense de son Ă©conomie et en faveur dâelle mĂȘme: diminution des charges patronales avec le projet dâinstauration dâune TVA dite «sociale» (les impĂŽts Ă la consommation sont les plus anti-sociaux qui soient car ils sont financĂ©s par tous et donc par les travailleurs qui consomment pour leur strict minimum vital ou tout simplement pour survivre), rĂ©ductions partielles des impĂŽts sur les successions, bouclier fiscal, dĂ©ductions sur les impĂŽts des intĂ©rĂȘts dâemprunts immobiliers et dĂ©taxation des heures supplĂ©mentaires. Le tout pour un coĂ»t qui nâest pas encore estimĂ© avec prĂ©cision, mais qui devrait tourner autour de 15 milliards dâeuros par an.
Ces mesures, aux dires du gouvernement, devraient relancer lâĂ©conomie avec une croissance prĂ©vue de 2,5 % du PIB.
Si la confiance est rĂ©tablie, le pays peut bĂ©nĂ©ficier dĂšs 2008 d’une croissance de 2,5 % du PIB, voire plus.
Christine Lagarde, ministre de l’Ă©conomie, des finances et de l’emploi, Le Monde du18/07/2007, Le “paquet fiscal” est un “pari” dont les mesures bĂ©nĂ©ficieront Ă tous
En parallĂšle, lâon frappe fort sur les ouvriers. Il y a deux types de mesures, des mesures qui vont dans le sens dâune plus forte rentabilisation du capital et des mesures rĂ©pressives qui prĂ©parent les prochaines attaques.
- Dâabord il faut continuer Ă attaquer lâancienne lĂ©gislation du travail, le fameux «Welfare state» qui Ă©tait plus favorable aux travailleurs. Cette lĂ©gislation avait Ă©tĂ© instaurĂ©e aprĂšs la deuxiĂšme guerre mondiale pour aider au redĂ©marrage de lâĂ©conomie. LâĂ©conomie française dĂ©truite aprĂšs la guerre avait besoin de la bĂ©quille de dâĂtat pour encadrer et organiser la «reconstruction nationale». Pour cela, il avait Ă©tĂ© octroyĂ© certains droits plus protecteurs des ouvriers tout simplement parce quâil y avait du «grain Ă moudre» pour tous (le capitalisme nâest pas une entreprise philanthropique). Câest cela quâil faut aujourdâhui attaquer du fait des difficultĂ©s du capitalisme pour survivre. La fameuse «flexibilité» nâest rien dâautre que cela. De mĂȘme, il faut poursuivre la prĂ©carisation de tous les salariĂ©s en instituant un contrat unique de travail, sur le modĂšle dâun super-CPE, afin de rendre encore plus difficile la lutte contre les suppressions dâemplois et lâaugmentation des cadences.
- La classe dirigeante veut rĂ©duire lâĂtat. Dâune part parce que les fonctionnaires coĂ»tent cher dâautre part parce que lâĂ©conomie capitaliste nâa plus besoin de certains fonctionnaires improductifs pour vivre (services sociaux,…) ou voudraient voir leur rĂŽle diminuer (services comme lâInspection du Travail ou contrĂŽle des ImpĂŽts). Moins dâĂtat veut aussi dire le transfert vers le secteur privĂ© de fonctions actuellement gĂ©rĂ©es sur le mode du service public (en particulier la SĂ©curitĂ© Sociale ou le systĂšme de retraites). Dans le projet de budget de Sarkozy, un fonctionnaire partant Ă la retraite sur deux ne devrait pas ĂȘtre remplacĂ©, mais cela ne concerne pas les fonctions rĂ©pressives de lâĂtat. Le domaine de lâĂ©ducation est en France le plus gros employeur de fonctionnaires. La stratĂ©gie Ă long terme est de diviser (transfert des agents vers les collectivitĂ©s locales, diffĂ©renciations entre Ă©tablissements), de privatiser ce qui peut lâĂȘtre (cantines âŠ), de diminuer tout ce qui nâest pas strictement scolaire (bibliothĂšques et documentation) pour arriver, tranche par tranche, Ă diminuer le personnel, les salaires et la protection sociale. Mais les Ă©vĂšnements passĂ©s (en 2003 ou en 2006 pour le CPE) montrent que le domaine nâest pas sans risques pour les gouvernements et la formation est un secteur quâil est difficile de laisser se dĂ©grader pour les bourgeoisies europĂ©ennes.
- Comme dans les usines et les services, il faut rĂ©duire lâintervention de lâĂtat au niveau social, il est prĂ©vu dâaugmenter les «franchises» interdisant le remboursement des premiĂšres consultations mĂ©dicales, et de crĂ©er une TVA dite «sociale» faisant payer par les salariĂ©s les «cadeaux» du gouvernement au patronat.
- Les attaques sur les retraites viennent couronner le tout. Le gouvernement va supprimer les rĂ©gimes spĂ©ciaux qui permettaient Ă certains travailleurs ayant un travail pĂ©nible de partir en retraite avant 60 ans. Tout cela est prĂ©sentĂ© sous le vocable de la «modernisation» et de lâĂ©galitĂ©, c’est-Ă -dire avec une connotation de progrĂšs. Sans doute? Mais la bourgeoisie nâen restera pas lĂ . La sĂ©curitĂ© sociale est en dĂ©ficit, les attaques vont se poursuivre pour rentabiliser ses autres domaines comme la maladie, etc.
- Puis viennent les mesures répressives qui vont permettre de faire passer les premiÚres «réformes» puis de réussir les prochaines attaques:
- La loi-cadre sur le «service minimum» qui remet en cause le droit de grĂšve. Pense tâon sĂ©rieusement quâune grĂšve avec les trains qui roulent, les usines qui tournent et les Ă©coles ouvertes, pourrait faire plier le patronat et le gouvernement? La bourgeoisie veut ainsi dĂ©sarmer les travailleurs avant de poursuivre son offensive de casse du Welfare state. Câest de bonne guerre.
- Cela est accompagnĂ© de mesures rĂ©pressives dâordre gĂ©nĂ©ral comme les lois abaissant la majoritĂ© pĂ©nale Ă 16 ans et des peines planchers pour les «multirĂ©cidivistes». Le gouvernement veut disposer dâinstruments mieux adaptĂ©s pour museler toute rĂ©volte, comme celle de 2005.
- La poursuite de lâaggravation des lois sur lâimmigration (les fameux «quotas» de chairs et de sang de travailleurs pouvant ĂȘtre exploitĂ©s) et mise en place de tests ADN qui pourraient permettre le regroupement familial, dit-on, mais, en rĂ©alitĂ©, cela permettra le fichage des populations. Quand leur fera tâon porter une «étoile jaune» ou un autre signe de reconnaissance permettant de diviser les fractions de la classe ouvriĂšre entre travailleurs dits «français» et travailleurs immigrĂ©s?
- Le fameux «paquet fiscal» de Sarkozy qui aurait dĂ» provoquer un “choc de confiance” pour gagner “un point de croissance”, ce qui sâavĂšre impossible. Il Ă©tait basĂ© sur une croissance Ă©conomique de 2,5% Ă 3% du PIB. Lâon sait que tout cela est largement remis en cause par la situation Ă©conomique elle-mĂȘme, ce qui veut dire que la classe ouvriĂšre paiera largement plus le financement de ces mesures par la crĂ©ation dâimpĂŽts ou de taxes nouvelles.
Dâautant plus que:
- La conjoncture s’est assombrie en quelques semaines.
- Le dĂ©ficit du commerce extĂ©rieur se creuse (15 milliards d’euros de janvier Ă juin) avec le recul de la production industrielle et la stagnation des crĂ©ations d’emplois.
- La croissance est seulement de 0,3 % de hausse au deuxiĂšme trimestre. Ce rĂ©sultat met Ă mal l’objectif du gouvernement de 2,25 % de croissance pour 2007 et 2,5 % pour 2008. Le gouvernement espĂ©rait compenser les dĂ©ficits budgĂ©taires par les profits des taxes et des impĂŽts qui sâaccumulent en pĂ©riode dâexpansion.
- Le budget de la France est lourdement dĂ©ficitaire compris entre 41,5 et 41,9 milliards d’euros, contre 41,996 dans le budget 2007.
L’Ă©laboration du budget de l’Ătat pour 2008 a Ă©tĂ© particuliĂšrement compliquĂ©e par le coĂ»t considĂ©rable du paquet fiscal votĂ© cet Ă©tĂ©.
Les Ăchos du 20 septembre2007
Les Ă©conomistes ne croient guĂšre Ă l’objectif de ramener le dĂ©ficit public Ă 2,4 % cette annĂ©e puis Ă 2,3 % l’an prochain comme cela Ă©tait prĂ©vu. La plupart d’entre eux attendent un alourdissement des comptes l’an prochain.
Ătablir le budget 2008 de l’Ătat sur une prĂ©vision de croissance Ă 2,25 %, ce n’est pas trĂšs raisonnable
⊠conclut Maryse Pododjinski, de JP Morgan
Câest donc Ă une attaque sans prĂ©cĂ©dent que la classe ouvriĂšre doit faire face. Et cette attaque ne peut que sâaccĂ©lĂ©rer comme nous le faisons ressortir ci-dessus du fait de la mauvaise conjoncture Ă©conomique et de lâamplification des dĂ©ficits budgĂ©taires colossaux de lâĂtat.
Mais pourquoi cela?
Les bourgeois seraient-ils des «buveurs de sueur»? Des salauds? La question est tout autre. Il ne sâagit pas de la volontĂ© dâindividus mais de la survie du systĂšme capitaliste lui-mĂȘme. Il faut rappeler que ces mesures pour la «flexibilité» du travail et de baisse des assurances sociales ne sont pas propres Ă la France. La bourgeoisie mĂšne la mĂȘme politique dans tous les pays en Europe et aux Ătats-Unis. (cf.: les nĂ©gociations entre les reprĂ©sentants de Rick Wagoner, PDG de General Motors, nĂ©gociant au nom des “Big Three” de l’automobile amĂ©ricaine (GM, Ford et Chrysler), et Ron Gettelfinger, le prĂ©sident de l’United Auto Workers (Syndicat unifiĂ© des travailleurs de l’automobile) pour la mise au point dâun accord-cadre d’entreprise portant sur le financement de la couverture sociale des retraitĂ©s de ces sociĂ©tĂ©s. Le Monde du 15/09/2007)
Dans le monde entier, le capitalisme est pris Ă la gorge et pour survivre il cherche et espĂšre retrouver un taux de productivitĂ© suffisant dans les entreprises. Lâimpasse Ă©conomique est Ă nouveau de retour (impasse en partie masquĂ©e par les dĂ©ficits colossaux des Ătats ou des collectivitĂ©s locales et publiques) et le niveau de la crise Ă©conomique et financiĂšre actuelle ne fait que lâamplifier et la rĂ©vĂ©ler au grand jour. (cf. lâarticle ci-aprĂšs sur la crise Ă©conomique)
En France, pour cette année, la prévision de croissance ne fait presque plus débat, concentrée dans une fourchette entre 1,6 % et 1,9 %, pour une moyenne de 1,8 %, contre au moins 2,5 % pour le gouvernement.
Les dĂ©faillances d’entreprises ont progressĂ© de 7 % Ă fin aoĂ»t cette annĂ©e, ce qui est le symptĂŽme d’une croissance infĂ©rieure Ă 2 %
⊠analyse Philippe Brossard, d’Euler Hermes.
Aux USA, principale locomotive du monde, ce nâest pas dâune simple crise «financiĂšre» ou «immobiliĂšre» dont il est question ce que lâon voudrait nous faire croire. Il sâagit dâune crise majeure car il est de nouveau question de krach et de rĂ©cession (cf. Le Monde du 16 septembre 2007) pour les annĂ©es Ă venir ce qui confirme que lâĂ©conomie US ne vivait effectivement que sous perfusion financiĂšre. Et, quand les flux financiers nâirriguent plus lâĂ©conomie, la machine sâarrĂȘte. Les bourgeois en ont trĂšs peur comme lâĂ©crit Daniel Cohen dans un article du Monde du 28 aoĂ»t 2007. «On aimerait meilleur choix: 1929 aujourdâhui ou demain». Donc pour Daniel Cohen, il vaut mieux intervenir aujourdâhui, pour reculer Ă demain une crise du type de la crise de 1929. Mais une intervention, veut dire injecter de lâargent dans les circuits — chose quâil ne souhaiterait, pas dit-il par ailleurs- ce qui veut dire aggraver immĂ©diatement les dĂ©sĂ©quilibres pour demain et le retour de nouveaux krachs financiers du mĂȘme genre.
Nous ne pouvons et ne devons rien attendre de la part du capitalisme et de ses sbires qui nous gouvernent. Nous seront obligĂ©s de lutter si nous voulons arrĂȘter la machine infernale qui ne fait que rĂ©duire de plus en plus nos moyens de subsistance. Il est impossible de le rĂ©former comme nous le constatons rĂ©guliĂšrement et il est inutile dâĂ©couter les sirĂšnes syndicales qui nous font croire quâil est possible de nĂ©gocier pour obtenir quelque chose. Le capitalisme est mortel comme toutes les sociĂ©tĂ©s qui lâont prĂ©cĂ©dĂ© dans lâhistoire et aujourdâhui il est soumis Ă une crise Ă©conomique. Pour survivre il se doit de nous exploiter chaque jour un peu plus. Câest pourquoi nous ne pouvons faire lâĂ©conomie de la lutte.
B&P[1] Il y a eu pourtant de nombreuses luttes et grĂšves mais elles Ă©taient toutes plus difficiles Ă mener et surtout sont restĂ©es isolĂ©es. Citons les luttes: de lâautomobile chez PSA-CitroĂ«n Ă Aulnay, Ă Airbus, chez VĂ©olia, Ă la FNAC, les nettoyeurs Ă la gare dâAusterlitz, Ă lâentreprise Florence et Peillon de Vaulx-en-Velin, dans prĂšs de 200 communes dâĂle-de-France, les Ă©boueurs et les chauffeurs de la Sita, Ă Fos-sur-Mer avec un blocage de 18 jours du port autonome de Marseille, et les grĂšves des sans-papiers Ă Buffalo Grill, etcâŠ
[2] Nây a-t-il pas un parallĂšle frappant Ă faire avec la situation actuelle?
Bilan & Perspectives - 8
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