1er mai 2008 - Contre l’assaut du capital, lutte de classe internationale

in

Encore un 1er mai sous le signe de la guerre — guerres impĂ©rialistes entre bourgeoisies rivales et guerre de classes, avec une bourgeoisie mondiale unie contre la classe ouvriĂšre et les masses appauvries de la planĂšte.

files/images/2008-03-11-pugni-alzati.jpg

La paix, la prospĂ©ritĂ© et la libertĂ© — objectifs pour lesquels la bourgeoisie rĂ©clame de lourds sacrifices de sang, de sueur, ne parlons pas de la qualitĂ© de vie — ces idĂ©aux nous semblent non seulement plus Ă©loignĂ©s chaque annĂ©e qui passe, mais le temps nous rĂ©vĂšle qu’ils ne sont qu’une cynique tromperie. Mais il ne peut en ĂȘtre autrement car tout ce que nous avons maintenant sous les yeux est le rĂ©sultat de trente annĂ©es de crise du cycle d’accumulation du capital qui, plutĂŽt que de s’attĂ©nuer, est en train de s’intensifier.

Le cyclone financier dĂ©clenchĂ© par la crise des subprimes n’en est que la nouvelle manifestation, et la preuve que la spĂ©culation financiĂšre effrĂ©nĂ©e — provoquĂ©e par le capital pour tenter de rĂ©animer son processus d’accumulation par l’appropriation parasitaire de plus-value extorquĂ©e Ă  l’échelle mondiale — et le pillage brutal de fractions entiĂšres de la population (incluant la petite bourgeoisie) n’ont fait qu’aggraver les problĂšmes avec lesquels l’économie capitaliste est aux prises.

L’intensification de l’exploitation, la prĂ©caritĂ© croissante, la baisse des salaires, l’augmentation du temps supplĂ©mentaire obligatoire et le retour de formes de gestion de la main d’Ɠuvre dignes du dix-neuviĂšme siĂšcle, permettent Ă  certains capitalistes de s’enrichir honteusement, ce qui ne suffit pas Ă  assurer un taux de profit suffisant pour relancer un nouveau cycle d’accumulation du capital. La bourgeoisie veut nous faire avaler tout cela avec des slogans comme “pour la modernisation!”.

L’externalisation des activitĂ©s productives — dans les pays oĂč les salaires sont dramatiquement moins Ă©levĂ©s que dans ceux qui sont avancĂ©s — et le mouvement d’énormes masses de main d’Ɠuvre immigrante, pompent un peu d’air frais dans un taux de profit certainement en manque d’oxygĂšne. Mais en fin de compte tout cela n’y change pas grand-chose. Au contraire, ces phĂ©nomĂšnes, quoique incapables de rĂ©veiller l’économie capitaliste, crĂ©ent une tendance Ă  la compĂ©tition parmi les salariĂ©s de la planĂšte vers la baisse des salaires.

La guerre, l’intensification de l’exploitation, la dĂ©vastation et la destruction de l’environnement, (au point oĂč il y a menace presque irrĂ©versible aux conditions biologiques de la vie sur la planĂšte), n’ont pas encore provoquĂ© une riposte prolĂ©tarienne adĂ©quate si ce n’est quelques Ă©pisodes significatifs de la lutte des classes.

L’ensemble du prolĂ©tariat assume le processus de dĂ©composition et de recomposition commencĂ© il y a une trentaine d’annĂ©es et qui se poursuit aujourd’hui. ForcĂ© par l’odieux chantage Ă  la prĂ©caritĂ©, la classe ouvriĂšre a de la difficultĂ© Ă  se remettre de sa dĂ©sillusion devant sa “foi” dans ce qu’elle croyait ĂȘtre “un autre monde possible” (le faux socialisme de l’URSS) fracassĂ©e. En clair, elle a perdu le sens de son identitĂ© et elle succombe Ă  l’idĂ©ologie de la bourgeoisie dans toutes ses variantes: sĂ©paratisme rĂ©gional le plus Ă©troit, nationalisme classique, intĂ©grisme religieux, pour finir dans le rĂ©formisme plus ou moins traditionnel. Le tableau est sombre mais il y a une issue. Elle requiert une vraie lutte des classes contre toute forme de compromis avec le capital, c’est Ă  dire une lutte des classes qui Ă©chappe Ă  la logique syndicale habituelle.

Mais la lutte prolĂ©tarienne, mĂȘme si elle est plus violente et plus radicale, aboutira encore dans le cadre du systĂšme si elle ne bĂ©nĂ©ficie pas de la direction politique de son parti de classe. Un parti qui a la capacitĂ© d’unifier politiquement Ă  l’échelle internationale toutes les luttes dans les multiples secteurs du prolĂ©tariat mondial et qui comprend comment s’opposer aux guerres permanentes du capitalisme par la pratique du dĂ©faitisme rĂ©volutionnaire. Vers ce but, les avant-gardes rĂ©volutionnaires dispersĂ©es doivent concentrer leurs Ă©nergies pour Ă©tablir les fondements de la reconstruction du parti international du prolĂ©tariat.

C’est l’objectif qui inspire les activitĂ©s du BIPR comme celles de toutes les organisations qui le constituent. Notre mot d’ordre demeure:

Prolétaires de tous les pays, unissez-vous!
Bureau International pour le Parti Révolutionnaire, 1er mai 2008